Anne, bénéficiaire à l’ABA depuis 2020
« Bénéficier du soutien de l’ABA a été une grande chance pour moi quand la déficience visuelle m’est tombée dessus.
Je m’appelle Anne, j’ai des cicatrices de naissance sur l’œil droit, à cause d’une toxoplasmose, et j’ai une hémianopsie bilatérale homonyme depuis 2020 à la suite d’un triple AVC. Ce qui fait que mon œil droit n’est plus utilisable, il m’envoie seulement des flashs quand je suis fatiguée. Je ne vois qu’avec la moitié gauche de l’œil gauche, à hauteur de 4/10e.
Concrètement, je peux apparenter ma vision à un laser. Elle peut être très précise, et je pourrais voir un canard sur le lac, mais je n’ai que peu de champ visuel, et ne pourrais donc pas voir le lac autour du canard. En outre, je n’ai aucune vision en perspective et je ne distingue pas les bas contrastes. Dans ma vie quotidienne, cela implique une énorme fatigue, des complications au niveau de mes déplacements, et des difficultés de lecture ou pour les activités quotidiennes comme le ménage.
Lorsque la déficience visuelle m’est tombée dessus, grâce aux professionnels de l’ABA qui suivent mon dossier et qui sont d’un soutien inestimable, j’ai reçu des conseils et de l’aide quand j’en ai eu besoin, que ce soit pour accepter ma malvoyance, comprendre les méandres de l’administration, organiser mon quotidien ou acquérir de nouvelles compétences qui rendent ma vie plus simple.
J’ai été conseillée par une ergothérapeute en basse-vision, de l’organisation du porte-monnaie au soutien pour obtenir un ordinateur professionnel adapté. Une ergothérapeute en locomotion m’a proposé la canne blanche, m’a soutenue dans l’acceptation – pas tous les jours facile – de cet outil providentiel, et a (beaucoup) usé ses baskets dans les gares du Léman Express pour que je devienne une pro de son maniement. Aujourd’hui, j’ai un chien guide en plus de la canne.
Une assistante sociale a été mon poisson-pilote indispensable dans le dédale des courriers du quotidien et des demandes déposées auprès de l’Assurance Invalidité (AI). Je suis d’ailleurs toujours accompagnée dans ces démarches administratives complexes, qui ont débuté il y a plus de six ans. Heureusement que l’assistante sociale est mes côtés, ce serait difficile de continuer sans elle.
La déficience visuelle est une caractéristique comme la couleur des yeux ou la texture des cheveux, il ne nous définit pas en tant que personne. En revanche, le handicap est une problématique de rapport à la société. Et dans ce rapport, nous avons de la chance de bénéficier du soutien de l’ABA que ce soit au niveau administratif, mais aussi dans nos loisirs, avec les propositions de livres audio de la bibliothèque. La résilience et l’acceptation sont des passages essentiels dans notre parcours de personnes malvoyantes, mais il est aussi indispensable de ne pas oublier de lutter pour ses droits, y compris celui de participer à la vie culturelle, et l’ABA est un soutien précieux en ce sens. »