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Le théâtre Vidy-Lausanne relève le défi du ballet audiodécrit

Le 28 février 2022 | CCA | /

Au théâtre Vidy-Lausanne, le ballet romantique « Giselle… » a été audiodécrit pour les personnes aveugles et malvoyantes le samedi 19 février 2022.

Pour que l’expérience soit complète, un atelier était organisé en amont du spectacle.

Un exemple de culture inclusive

Sur scène, la danseuse Samantha Van Wissen revisite le ballet romantique « Giselle… » dans une mise en scène du Lausannois François Gremaud, extrêmement visuelle. Pourtant dans la salle, c’est avec leurs oreilles qu’une partie des spectateurs savoure le spectacle.

En coulisses et en direct se cache une audio descriptrice, Séverine Skieroki, elle-même danseuse. « On ne peut pas décrire et partager la danse si l’on n’est pas en mesure de comprendre les chemins de corps des mouvements », précise-t-elle à la RTS. Face à un micro et aidée de notes, elle décrit le spectacle d’une voix calme: « La danseuse désigne l’espace vide, s’assied sur la chaise en retrait, se tourne vers les musiciens. »

Ressentir le mouvement

Pour l’association Écoute Voir basée à Yverdon, dont le but est de faciliter l’accès aux arts vivants pour les personnes en situation de handicap sensoriel, vivre les gestes avec son propre corps permet de mieux imaginer ce qu’on ne peut voir.

Avant le spectacle, l’association a organisé des ateliers d’exploration par le mouvement. Les participantes et participants reproduisent les gestes dictés par l’animateur pour ressentir la chorégraphie à laquelle ils et elles assisteront au théâtre: poser les mains sur les genoux, prendre une grande inspiration, jeter les bras sur les côtés avant de se laisser tomber deviennent des mouvements intenses, qui ne manquent pas – parfois – de les faire rire. « Comme je ne pratique pas vraiment la danse, cet atelier m’y a donné goût. Ce qui est difficile pour moi, qui ne voit pas du tout, c’est de me représenter ce que cela peut donner à l’image », explique une participante à l’atelier, Madame Thi Hahn Fleuret, collaboratrice de la Bibliothèque Braille Romande et livre parlé, un des trois services de l’Association pour le Bien des Aveugles et malvoyants.

Transmettre le plus possible en peu de temps

« Le temps d’un mouvement est très court, mais il faut idéalement décrire beaucoup de choses pour que le public puisse se le représenter. Notre atelier tente de faire en sorte que les personnes aveugles et malvoyantes trouvent l’essence du mouvement. Ainsi, lorsqu’elles nous écoutent pendant le spectacle, elles ressentent la couleur générale de ce qu’on essaie de transmettre », explique Florence Ineichen, audio descriptrice.

Fort de cette expérience sensorielle, le spectacle devrait alors prendre une autre dimension. Pour Hervé Richoz, rédacteur romand de Clin d’oeil, l’organe officiel de la Fédération Suisse des Aveugles et malvoyants qui a lui aussi participé à l’atelier, mission accomplie: « L’atelier nous a installés dans cette période romantique. J’ai retrouvé cette ambiance à travers l’audiodescription. Le spectacle était magique et enchanteur. »

À noter également le témoignage de Madame Muriel Siksou, présidente de l’association L’Art d’Inclure, elle-même malvoyante.

Visionnez ce sujet diffusé le dimanche 20 février 2022 dans le 19:30 de la RTS.

 

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